Mise à jour : Janvier 2015
La scierie de Machet ( du nom du lieu-dit ) est
située dans le piémont vosgien Meurthe-et-Mosellan,
dans le canton de CIREY-SUR-VEZOUZE, à 6 km en amont
de la commune de VAL-ET-CHATILLON. Pour être exact, elle
est située sur le territoire de la commune du joli village
perché de Saint-Sauveur.
La scierie de Machet est l'unique construction du lieu-dit.
C'est une scierie hydraulique.
Elle est située à la conjonction des ruisseaux
"le Val" et de "Mauvais".
Elle a longtemps été un haut fer en prise directe
sur le ruisseau de Mauvais.
Puis un canal a été créé sur le
ruisseau le Val, permettant de la faire fonctionner grâce
à une chute d'eau par conduite forcée d'une hauteur
de 40 m.
La vallée, les forêts de sapins, l'eau force
motrice, la scierie, la clairière, un isolement
total, tout ici est réuni pour promouvoir la nature sauvage,
l'énergie renouvelable, l'économie durable
...
D'autre part, on pourra se replonger au coeur du film
" Les grandes gueules " dont on sait que plusieurs extraits ont été
tournés dans ce secteur (le lieu central du
tournage est situé à Cellet près
de Gérardmer. Mais à Cellet, de scierie
il n'y a plus depuis 50 ans !)
La scierie de Machet est la seule survivante sur les 31 scieries hydrauliques
que comptait la Haute-Vezouze.
Les plus anciens écrits que l'on ait retrouvés datent du XVIe siécle.
Sur le site de Machet existait, depuis le XViè siècle au moins, une scierie
qui, en compagnie des scieries de Mauvais et de la Boudouze, desservait
la forét de Bousson, propriété du Comte de Blâmont.
Vers 1546, compte tenu de l'extension de l'industrie du bois, on créa
une fonction de gruyers. Ils vendaient bois et planches, percevaient une
redevance pour selfs de paxon (2), assuraient le flottage des bois, l'entretien
des digues et chaussées, des moulins, et payaient des gardes et sagârds (3).
Le gruyer (4) logeait au château et pouvait avoir le titre de châtelain....
Après la Révolution Française, ce fut l'administration forestière qui
assuma la charge de ces scieries devenues domaniales. Des ajustements
techniques s'avérèrent bientôt nécessaires.
Machet manquait d'eau en période de bas étiage(5) du ruisseau du Val.
En 1872, le haut fer (6) de Machet fut modernisé, la force hydraulique
fut produite non plus par une roue, mais par une turbine. Creusé à flanc
de coteau, un canal de 2,800 km de long fut construit: alimenté par le
ruisseau du Val, il prenait son origine juste aprés la scierie du Petit
Marquis, et grâce â une chute de 40 mètres, amenait la quantité d'eau
necessaire pour mettre la scierie en mouvement.
La turbine à axe horizontal et à vannage partiel avait un diamètre extérieur
de 1m455, possédait 54 aubes pour un débit normal variant entre 30 et
80 litres, le nombre de tours de la roue était de 232 par minute et la
puissance pouvait varier de 16 à 42 chevaux-vapeur.
En janvier 1874, elle fut mise en route équipée d'une scie à ruban...
Lors de la période d'occupation 1914-1918, la scierie de Machet avait
été utilisée par l'ennemi. A la fin de la guerre, elle était en état de
fonctionner mais totalement transformée. La halle avait été démolie et
remplacée par une construction en bois bien plus vaste...
(1) Bousson : n.m. français local et patois, grande vis à tête carrée.
Forêt de hêtres qui poussaient en buisson.
(2) Paxon : glandée ou pâture
(3) sagârd : n.m. gérant d'une scierie, ouvrier dans une scierie.
(4) Gruyer : il assurait la police, le flottage du bois.
(5) Bas étiage : manque d'eau.
(6) Haut fer : scie verticale entraînée par une came qui lui donne un
mouvement alternatif de va et vient, de haut en bas.
Plus bas, la commune
de VAL-ET-CHATILLON a vu, à partir de 1850, se développer une industrie textile
produisant son énergie grâce à la force hydraulique
(elle alimentera même la commune en éclairage public).
Nous ne sommes pas dans les Vosges, mais en Meurthe-et-Moselle (54).
Mais le secteur est bien dans le massif vosgien, en l'occurrence
dans le piémont vosgien.
Des situations similaires (industrie textile, nombreuses scieries) étaient
légion dans la quasi totalité des vallées du massif
vosgien, lequel n'englobe pas seulement les Vosges, mais aussi une partie
de la Moselle, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, du Territoire de Belfort, du
Doubs et de la Meurthe-et-Moselle.
Que reste t-il de ce patrimoine aujourd'hui ?
Sur le millier d'installations hydrauliques existantes dans le massif vosgien au XIXème siècle, seules quelques dizaines subsistent. Comme dit plus haut, la scierie de Machet est la seule survivante coté piémont vosgien 54. Son exploitation économique a néanmoins pu se poursuivre jusqu'en 1993, date à laquelle le dernier sagard a jeté l'éponge. Depuis, le mouvement associatif tente de sauver ce patrimoine ...
Le film "Les grandes gueules" met en évidence les forêts
de sapins, le bûcheronnage, le débardage, le transport,
le sciage, les paysages, etc.
Puisqu'on constate, 50 ans après, que les Vosges
et les vosgiens (au sens strict du terme), mais aussi
les lieux des tournages (Gérardmer, Vagney, etc)
n'ont pas exploité l'évènement du
film, alors dégageons une idée force pour la scierie
de Machet et utilisons le film.
La scierie pourrait alors être le théâtre, soit de la projection du film, à l'adresse des habitants
du massif vosgiens, des nostalgiques, des fans du film, et/ou de ses acteurs (Bourvil, Ventura notamment),
des amoureux de la nature, des paysages, du bois, des écolos, etc.,
soit de toutes autres déclinaisons du film sur les thèmes de l'image ou du son.
Hélas, ce discours tenu depuis plusieurs décennies, bien que largement approuvé, n'a jamais pu fédérer suffisamment de forces vives et de moyens pour trouver un début de conclusion. Dommage.
Janvier 2015 -
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